Club allié au Yacht Club de France 

Les Açores en solo

Je souhaitais savoir si naviguer en solitaire sur de grandes distances me plairait. J’ai choisi de partir jusqu’aux Açores pour évaluer mes capacités physiques et mentales.

Quitter le continent et passer au moins 6 jours en mer était une grande découverte pour moi.

Les deux années passées à naviguer ont été très bénéfiques pour cela.

Christian Ménard

E

n 2010, première année de navigation hauturière, j’ai quitté Bayona pour San Miguel, la plus grande île des Açores. J’ai frôlé d’un peu trop près l’anticyclone et me suis retrouvé sans vent, obligé de mettre le moteur pour aller le chercher.

J’ai eu la chance en arrivant à Bayona de rencontrer un marin qui avait énormément navigué en solitaire. Il m’a expliqué comment il gérait ses navigations et surtout son sommeil en fonction des routes. Sur une route de cargos, on dort par tranche de 20 mn, hors route de cargos, par tranche de 1h30 mn. La navigation de Bayona à San Miguel se faisant hors route de cargos, je dormais par tranche de 1h30 mn. La méthode pour respecter à la lettre ce temps de sommeil est très simple. Il faut dormir assis, le tronc incliné à 30 degrés en arrière, et coincé de chaque côté, encastré entre la table du carré et la banquette, par exemple, de façon à ne pas pouvoir se retourner. Dès qu’on arrive dans le sommeil léger, comme on ne peut pas se retourner, on se réveille. C’est imparable ! Il m’a également conseillé de faire un tour d’enrouleur au génois la nuit pour que le guindant se retrouve coincée dans l’étai creux par la voile. Si un coup de vent arrive, le guindant ne risque plus de sortir de l’étai, ce qui est arrivé à beaucoup de navigateurs ! Si en plus cela arrive pendant le sommeil, on se retrouve vite dans une situation dangereuse et difficile à gérer en pleine nuit !

J’avoue ne pas avoir pensé à appliquer ce conseil au début de ma croisière. Mal m’en a pris ! J’étais à l’intérieur lorsque j’ai entendu une explosion. La manille de point d’amure du génois devait avoir une paille, elle a explosé ! Le temps de sortir sur le pont, 50 cm de guindant était déjà sorti de l’étai creux. J’ai aussitôt fait faire 3 ou 4 tour à l’enrouleur en attendant le jour pour remettre tout en place. Depuis, je pense toujours à faire un tour à l’enrouleur dès que la nuit tombe !

Cette première expérience a été très positive. Non seulement je me sentais bien au bout de 3 jours, mais j’avais de plus en plus envie de continuer. Plus les jours passaient plus j’appréciais ma croisière. Au bout des 6 jours, j’aurais volontiers continué !

L'exploration des îles m’a consolé !

J’ai découvert que les gens naviguant loin n’ont plus du tout le même comportement que ceux qui naviguent à la journée ou pendant 2 ou 3 jours. Ils sont plus proches les uns des autres et forment une communauté chaleureuse. Quand j’arrivais dans un port, les gens me voyant manœuvrer seul venaient spontanément m’aider puis m’invitaient à venir à leur bord prendre un verre et raconter ma traversée. L’expérience de chacun profite ainsi à tous. Nous maintenons le contact entre nous.

J’ai également découvert la gentillesse des habitants des îles. Ils ne veulent pas être envahis par le tourisme de masse. Donc tous ceux que l’on rencontre sont arrivés en bateau ou sont des continentaux qui rendent visite à leur famille.


Le deuxième voyage et ensuite...

En 2010, je ne suis parti que deux mois et demi.  Après avoir quitté la France, je suis passé par Bayona,  San Miguel, Horta, San George et ­Tercera ensuite retour en France avec escale à La ­Corogne.

En 2011, Je suis parti trois mois. J’ai visité la Galice puis Lisbonne. Ensuite Madère puis Santa Maria, Horta, San George, Tercera, Graciosa puis retour en France. A chaque escale, j’ai rencontré des gens sympathiques. Ne parlant pas un mot d’anglais, je redoutais des relations difficiles avec les autres navigateurs. Je me suis rendu compte qu’il valait mieux ne pas parler du tout l’anglais, ainsi ces derniers faisaient l’effort de se faire comprendre dans un français approximatif. Je me suis lié d’amitié avec deux couples et deux navigateurs solitaires . Ces amis me font régulièrement profiter de leurs expériences par mail au fil de leurs perégrinations.

En 2014, j’ai l’intention de traverser l’Atlantique pour aller dans les Caraïbes passer la saison et ne rentrer que fin août 2015. Un voyage de 16 mois. Espagne, Portugal, Madère, Les Canaries, Cap Vert. Puis la traversée avec atterrissage à La Barbade ou Sainte-Lucie. Ensuite Martinique, Les Saintes, Marie-Galante, La Guadeloupe, Antigua, Saint Barthélémy, Saint Martin jusqu’aux Iles vierges. Retour par les Açores.

Il ressort de ces voyages que la préparation est bien sûr importante mais qu’il faut avant tout bien savoir ce que l’on a envie de faire !  Une fois parti, Il faut s’adapter en permanence car les choses ne se passent jamais comme prévu. Le maître restant le temps, n'imposant que des options.

Il faut savoir que le retour se fait dans des conditions plus dures. Il faut flirter avec les dépressions pour avoir du vent, ce qui implique des conditions de navigation plus fatigantes, un sommeil plus difficile. Si on ne veut pas affronter les dépressions, il faut partir plus tôt, mais le retour se fera en grande partie au moteur !


Prévisions météorologiques

J’analysais tous les jours les prévisions à 7 jours de tout l’Atlantique en observant le parcours de toutes les dépressions qui se suivaient. Travail méticuleux qui me prenait une bonne heure chaque soir. J’en déduisais leur position possible lors de mon trajet de retour afin d’aller chercher du vent au devant d’elles. Ce calcul me donnait une fenêtre de départ afin de ne pas me retrouver sur le plateau continental avec 50 nœuds de vent et une mer forte et hachée ! Pour affiner encore plus cette fenêtre, j’ai fait une analyse météo détaillée toutes les 6 heures pendant les 24 dernières heures avant mon départ. J’ai mis 24 heures pour traverser la dépression qui a duré 3 jours. J’ai atterri à Camaret ou je me suis reposé quelques jours.

Quelques enseignements

En 2011, j’ai amélioré ma trinquette et maintenant elle est vraiment opérationnelle. J’ai organisé toutes les manœuvres pour les gérer en sécurité depuis le cockpit en restant attaché. La trinquette est ­« hookée » par la drisse et amurée sur un emmagasineur. L’étarquage se fait par un palan 4 brins sous l’emmagasineur.

Tant qu’on navigue dans la fosse océanique, le lecteur de carte GPS traceur suffit largement avec une grande carte. On reporte la position une fois par jour et c’est largement suffisant.

Il faut préparer le bateau en sachant qu’il y aura du gros temps au retour. Une grand-voile avec trois bandes de ris est nécessaire pour garder de la puissance et bien affronter la mer sans la subir.

Bien apprendre à gérer son sommeil, et surtout, la météo grâce aux fichiers Ugrib, de la météo américaine. Enfin savoir que chaque traversée est nouvelle.

Propos recueillis par Patrick Fébié

Six milles au portant

Decatur - A 35 - Fastnet 2011

Yves Passat

Cowes, dimanche 14 août 2011, mi-journée.

Bientôt à nous... Les monstres s’ébrouent autour de nous : VOR 70, ­Banque Populaire V, IMOCAs, MOD 70, et100 pieds ICAP ­Leopard et Rambler. Et 300 bateaux en IRC dont Cap’Extrem, nos compagnons du DYC.

Décompte à la radio, bang des canons du Royal Yacht Squadron. Départ des IRC 3, au près sous ORC, 608 milles devant l’étrave. Dans le Solent, les bateaux gîtés font une nuée de triangles inclinés décroissant jusqu’aux Needles.

C’est notre sixième départ de Cowes cette année. L’équipage est aguerri : quatre courses du RORC avant le Fastnet (Cervantes Trophy, Myth of Malham, Morgan Cup, Cowes-Dinard) plus la Normandy Sailing Week, et les régates du DYC. Nous avons eu beaucoup de gros temps et tant de moments de vitesse, de glisse, de tactique, d’embruns, de levers de jour, de quarts, de séances d’habillage et de déshabillage acrobatiques. Tant de lyophilisés, aussi...

Dans la ruée, nous traversons (littéralement) les vagues des Shingles. Nous passons Portland Bill (bataille entre les VOR 70), l’immense Baie de Lyme, puis Start Point pendant la première nuit. Autour de nous, sur l’AIS, nos adversaires familiers. Le lendemain, près du Cap Lizard, dans la grisaille, nous croisons Banque Pop’ qui fonce vers Plymouth. Il battra le record en un jour et huit heures. A Land’s End, en fin de journée, le vent a forci à 30-32 noeuds, toujours du près. A la lumière de sa frontale, le numéro 1 fait avec flegme la cuisine en s’arc boutant. Après avoir téléchargé moult gribs par Iridium et consulté la littérature, nous décidons de ne pas faire la route directe vers le Fastnet (170 milles), de rester un peu à l’Est pour profiter d’une bascule de Nord-Est. Le bateau avance bien dans une mer forte. Espérons… Le lendemain, le vent baisse, le soleil revient. C’est la molle. Pas de bascule… Nous sommes seuls, trop à l’Est.

Nous traînons vers le Fastnet sur lequel la flotte converge en dérivant en tous sens dans l’obscurité. Nous passons le Rock au petit matin du troisième jour. Enfin, un souffle de Nord permet d’envoyer le spi, et, pendant 6 milles, dans le soleil qui se lève et sur la mer plate, nous sommes au portant, en régate acharnée jusqu’à la bouée de dégagement du phare. Là, ça repasse au S - SO en forcissant. Du près jusqu’aux Scilly à 150 milles, à faire bonne marche dans l’immensité bleue, visant trois petits points qui nous devancent, et gardant un œil sur les triangles blancs qui nous talonnent. Puis la nuit. Le bateau froid est de plus en plus humide et la fatigue s’accumule. Aux petites heures du matin, nous passons Bishop’s Rock, cap vers le Lizard encore au près. Là, nous trouvons 3 nœuds de courant contraire et des risées qui ne permettent pas d’étaler. Nous mouillons. Pas satisfaisant, mais avec le courant et sans guindeau, impossible de remonter l’ancre. On coupe ! Pendant des heures tendues, nous voyons les traînards nous rejoindre.

Après le Lizard, le vent revient, et, dans le soleil qui descend dans une luminosité exceptionnelle, une incroyable et magnifique nouvelle régate de cent bateaux s’élance. Pendant ces derniers 45 milles, toujours au près, nous ferraillons fort. Mais, à la nuit, s’il y a derrière nous un gros nuage de points bien rangés — tous les verts d’un côté, les rouges de l’autre — il y a toujours des feux blancs devant. Aux abords de Plymouth, le vent tombe, l’armada resserrée glisse dans la nuit, avec pour seul bruit le friselis de l’eau lorsqu’un bateau attrape une petite risée. Des projecteurs fendent l’obscurité, et après des heures de silence et d’immobilité aux aguets, nous passons la ligne.

Yves Passat

Retour sur la terre ferme après la Cervantès

Saute Moutons – New First 30

François Tirveilliot

Cervantès

course IRC du RORC du 2 au 3 mai 2015

L

e parcours nous emmenait de Cowes au Havre en sortant par Les Needles, au 250 environ. Il comportait une bouée à virer le long des côtes anglaises au 260, à environ 30 milles du départ, pour ensuite rejoindre le Havre, près de 110 milles plus loin.

La météo annonçait un vent d’ouest qui devait tourner au 130 puis au 200.

Départ 10 h UTC+1.

Sur la ligne, nous nous rendons compte que le vent au 130 attendu dans l’après midi est déjà là.

Nous hésitons entre notre A3 type Code zéro IRC de 63 m2 ou notre grand spi symétrique de 85 m2, d’autant plus que nous avons 20 kts de vent sur la ligne et qu’elle est abritée. Nous attendons plus de vent à l’écart de la cote.

Foggy Dew semble prendre le meilleur départ, nous sommes bien placés, car nous nous sommes calé sur lui. Il lance son spi symétrique au franchissement de la ligne. J’applique mon plan. Nous nous calons au milieu du Solent pour prendre le plus fort du courant et nous écarter de la cote qui perturbe l’écoulement du vent, puis cap sur les Needles et envoi du grand spi. Avec cette manœuvre et l’hésitation entre le A3 et le grand spi, nous sommes les derniers dans notre groupe à l’envoyer, nous avons donc pris du retard mais, nous restons groupés au contact immédiat.

Nous sommes à 110 - 120 degrés du vent, toujours dans 20 - 25 kts. Le léger clapot ne gène pas le bateau qui est toujours bien en ligne. Il se met à ronronner et affiche des vitesses entre 10 et 13 kts au speedo. Un équipier à l’écoute de spi, un autre au hale-bas de GV, et un troisième à l’écoute de GV régulent la puissance. Moi, je suis debout à la barre. Tous ensembles, bien concentrés, nous avortons les tentatives de départ au lof. Le bateau file toujours, la trace est nette. Nous revenons sur les croiseurs de notre groupe et l’écart avec les JPK 1010 se stabilise.

A la sortie des Needles nous ne sommes plus abrités de la houle par l’ile de Wight et nous nous retrouvons à 90 - 100 degrés du vent qui a légèrement forci et tourné. Je décide d’affaler le grand spi et d’envoyer le A3 à la place, d’autant plus que nous avons remarqué devant nous des bateaux en difficulté. D’autres ont envoyé le spi de capelage. Je préfère anticiper le problème.

Bien nous en a pris, la plupart des bateaux sous grand spi symétriques se vautrent, un magnifique 45 pieds devant nous voulant affaler son spi dans la précipitation le chalute, passe dessus et le déchire. Seul des bateaux en course, Nous passerons, seul bateau sous spi asymétrique, ce bord de portant. C’est ainsi que nous reconnaîtrons des JPK 1080 suivis de près par des SunFast 3600, des class 40 et les deux IMOCA de la course, tous au planning.

Nous arrivons à la bouée. Je compte environ une trentaine de bateaux devant nous. Nous ne nous faisons pas de politesse. Le foc est sorti. Je la vire à un mètre pendant que deux équipiers affalent et rangent le spi et que le troisième règle le foc pour prendre le cap au 163 - 165, au près à 32 - 34 degrés du vent, nous avons pris un ris dans la GV.

Pendant ce temps, nous commençons à perdre le bénéfice de notre bord de portant. Nous voyons revenir des bateaux à notre vent malgré notre vitesse de  6,4 - 6,6 kts mais à 32° – 34° degrés du vent réél. C’est quand même beaucoup mieux avec le pataras cette année, mais pas encore suffisant pour gagner encore au vent.

La route que nous suivons est idéale malgré tout. Il est vrai que j’ai relevé directions et forces des courants zone par zone et heure par heure, que je connais bien les capacités du bateau et celles de mes copains, et que j’ai pu étudier les fichiers grib pour faire un routage un peu artisanal mais que François calculera au plus juste et confirmera ainsi ma stratégie. Au moins je n’ai pas de doute, je ne me dis pas et si je m’étais trompé ?! Je suis alors très content de mon coup, d’autant plus que la bascule doit arriver et me permettre au mieux d’envoyer le A3, sinon de faire route au prés débridé, allures ou le bateau est très performant et ou je peux reprendre l’avantage sur mes concurrents. L’ensemble de l’équipage est confiant.

Mais voila, il est 18h00. Nous naviguons déjà depuis 7 heures… Et la bascule n’est pas là. Le vent est toujours au 130. Le courant et la dérive au vent nous ont emmenés à la verticale de Cherbourg. Si nous virons tribord amure, nous aurons le courant traversier de la Manche dans notre arrière, mais le vent nous obligera à prendre un cap au 95 - 100, avec la dérive au vent notre route sur le fond sera en dessous de ça et nous allons remonter une bonne partie de ce que nous avons descendu. Je décide donc de continuer sur la même amure, le courant nous ramenant sur Barfleur et son raz. Si la bascule intervient on virera de bord, si elle n’intervient pas on descendra pour profiter au maximum des forts courants dans le secteur pour se faire éjecter en Baie de Seine mais il faudra virer dans le bon timing pour sortir de cette zone avant la renverse qui nous bloquerait pendant des heures devant Quetteville dont nous voyons parfois le halo lumineux des éclats du phare qui portent à une vingtaine de mille, sous la couche nuageuse. J’expose ma stratégie, l’équipage est d’accord.

22h00, toujours pas de bascule de vent, nous sommes presque à la verticale de Barfleur. Que faire ? Descendre un peu plus et virer une heure avant la renverse ? Mais le temps de sortir de la zone on sera juste et on risque de se prendre un courant orienté ouest, nord-ouest qui risque de nous rejeter !

Je décide donc de ne pas prendre de risque à une demi-heure près et nous virons tribord amure. La flotte s’est scindée en deux. Les plus rapides qui ont pu quitter cette zone sont descendus plus au sud pour ensuite revenir sur le Havre, avec des courants plus faibles dans la Baie de Seine. Nous nous retrouvons dans le premier quart d’un gros groupe à la limite nord de la Baie de Seine. Dans un premier temps, notre route est légèrement au dessus du Havre. La vitesse est de 8 kts sur le fond et nous sommes donc éjectés vers l’est par le fort courant de la zone. Plus loin, le courant sera contre nous mais facilement étalable, la vitesse sur le fond tombera à 4 kts et aura tendance à nous éloigner de la route directe. Cependant, si la bascule arrive, nous pourrons nous recaler facilement. Il est une heure du matin environ, les quarts ont commencé. Je vais me coucher après avoir donné mes consignes.

Je ne dors pas tout de suite. J’écoute le bateau, le glissement régulier de l’eau sur la coque et les conversations des deux copains aux commandes. Le vent est toujours aussi fort, aux alentours de 20 kts. Puis, imperceptiblement, le cap change. Le clapotis de l’eau sur la coque est différent. Les mouvements du bateau sont différents. Je regarde ma montre, il est aux alentours de 3 heures, c’est la bascule, mais timide, au 180 – 190. Insuffisante pour le A3 mais suffisante pour faire une route au près pas trop serré vers le Havre en laissant s’exprimer le bateau. C’est toujours ça. Le barreur exulte, à cette allure nous revenons et dépassons la concurrence, c’est bon. Je m’endors.

Il est un peu plus de 5h00 du matin, les copains m’ont laissé dormir. Au réveil, l’esprit embrumé, j ai une anxiété. La bouée A5, au Nord Ouest du Havre, il ne faut pas l’oublier. On abat légèrement. On a de la vitesse. Nous sommes à 18 milles de la cardinale A5, à 23 milles de la cardinale et à 30 milles du Havre. Je ne sais pas par rapport au groupe sud, mais dans le groupe nord nous sommes très bien placés.

Notre parcours en noir : la montée à Cowes et le retour pour la Cervantès.

(Le parcours noir le long des cotes de Deauville est la trace du Branle bas de l’estuaire, en marron clair des parcours de 2014).

Première alerte quelques milles plus tard. Alain me fait remarquer que nous sommes les seuls à avoir abattu autant. Je lui explique que sans doute les autres estiment que le temps d’arriver sur zone, le courant les portera et qu’ils accentueront leur abattée si nécessaire. Une heure plus tard, pas de réaction des autres concurrents.

Alain : « Tu es sûr pour cette bouée ? »

Moi : « Oui, je suis sûr. Regarde les instructions de course. Tu vois bien que A5, c’est marqué port, bâbord en Français, et que Metzinger c’est marqué starboard, tribord en Français… Et m…. !!! C’est l’autre bâbord ».

La fatigue et mes problèmes de latéralisation m’ont joué un sale tour. Changement immédiat d’amure pour se recaler sur la route. Il n y a pas grande distance de perdue en fait, mais le courant dans cette zone en approche du Havre porte au nord… et nous nous recalons au sud. Ca parait interminable, ces 3 petits milles pour se recaler… Une éternité. Il fait jour, nous voyons passé devant nous des concurrents que nous avons dépassés pendant la nuit. J’estime le temps perdu à environ 1 heure. J’ai honte, je reste un long moment à la table à cartes. Silencieux. Puis le réconfort vient de mes équipiers.

« Ne t’en fais pas, on fait tous des conneries, et puis si tu n’étais pas là, on n’aurait jamais fait tout ça. C’est déjà bien d’être là. »

Bref, reste quand même un sentiment de frustration pour le résultat.

Une fois recalé, le vent et le courant nous emmènerons sans encombre jusqu’à la ligne d’arrivée que nous franchirons donc à 12h 10mn 30 secondes UTC+2.

Nous finissons 87 sur 110 overall, avec quand même la satisfaction d’être devant un IMOCA et juste derrière l’autre en temps compensé.

Sans mon erreur, nous aurions du être 63e overall et 17e dans notre groupe.

Nous avons décidé de remettre ça, le problème de barre et l’erreur sont oubliés.

Merci à Alain, Olivier et Luc.

Merci aussi à mon épouse Sonia et mes gamins pour leur patience.

 François Tirveilliot

La semaine de Cowes 2014 avec Kat-RiX

X-Yachts Xp 33 à Philippe Naudet

I

Philippe Naudet

l s’agissait de concrétiser un projet de longue date et l’occasion était idéale pour :

Accompagner, en bateau, une partie des élèves de l’équipe AS du lycée Maurois qui devait courir en J80, l’autre partie venant avec la complicité d’un autre bateau du Club, Cassiopée, qui s’est également chargé de transporter les voiles pour l’équipe.

Participer avec mon bateau à cette fameuse semaine de Cowes, vivre et connaître cet évènement, symbole de l’excellence anglo-saxonne en matière d’organisation de régates.Rencontrer des amis de longue date et lier de nouvelles connaissances locales dont certaines m’auront aussi apporté beaucoup sur l’art de naviguer et de régater dans le Solent.

Partager avec mon entourage proche de très bons moments de navigation et de convivialité à terre.

Revenir à Deauville en permettant à toute l’équipe de jeunes de vivre ensemble une expérience de navigation en quittant la côte de nuit.


Le trajet Deauville – Hamble

Lors d’un dernier briefing au Club, rendez-vous est pris pour embarquer le mercredi 30 juillet 2014 sur le ponton qui se trouve devant le bâtiment des douanes, pour un départ à 16h20 précise.

Mercredi 30 juillet 2014

Les demoiselles du Team AS Lycée Maurois, Jeanne, Margot et Ophélie, arrivent avec sourires et bagages. La ligne de flottaison de Kat-RiX disparaît sous l’eau ! Tout le monde s’équipe avec une tenue adaptée pour être à l’aise pendant la traversée. Nous quittons le port à l’heure prévue, avant la fermeture des portes.

Au sortir du chenal et avant un dernier regard sur la plage, nous apprenons avec désolation et tristesse que nous traverserons seuls car nos amis de Cassiopée ont été victimes de la passerelle... Dommage, ils nous rejoindront à l’arrivée avec quelques heures de décalage.

Comme cela se passe souvent lorsque nous montons vers le nord et vers Cowes, le vent est juste en face de la route à suivre. Nous prenons l’option de faire un petit bord vers Ouistreham.

Au droit de ce point de côte, nous virons pour prendre le cap direct vers l’entrée est du Solent, la marque cardinale est Bembridge Ledge puis, le passage entre les deux forts No Man’s Land Fort  et Horse Sand Fort.

Notre progression n’est pas des plus rapide, cela nous donne le temps d’admirer le coucher du soleil, de rencontrer quelques bateaux de pêcheurs, quelques cargos, de comprendre la logique des feux et comment faire pour les croiser cette nuit sans risque.

Pour passer le temps nous faisons plus ample connaissance et mes Miss, organisent des interviews objets de nombreuses reprises et d’éclats de rires. Après quelques heures et la nuit arrivant, la composante féminine de l’équipage convient de se relayer régulièrement pour m’accompagner dans la veille obligatoire et ainsi me permettre de me reposer un peu.

Le ciel très clair, nous permet d’admirer les étoiles de la voûte céleste. Le vent de NNW tournant NW en se renforçant un peu, nous déhale correctement mais sans excès.

Pour la tenue du cap, le pilote simplifie la tâche avec, de temps en temps, l’aide du moteur pour recharger les batteries.


Jeudi 31 juillet 2014

Le jour commence à poindre dès notre arrivée sur la zone de croisement de notre route avec celles montantes puis descendantes des cargos.

Nous infléchissons notre route vers le nord puis vers le nord-ouest avec heureusement une rotation similaire du vent qui se renforce en même temps un peu à 15 nœuds.

Au passage de North Sturbridge, Margot à la barre, Jeanne et Ophélie aux réglages des voiles, entament un challenge de vitesse dans le North Channel jusqu’à atteindre 8,4 nœuds avant d’arriver sur la marque cardinale sud Hamble Point.

Bravo, aussi pour une belle manœuvre d’affalage des voiles avec plus de 20 nœuds de vent.

Nous remontons au moteur la rivière Hamble jusqu’au ponton du Royal Southern Yacht Club où nous sommes attendus à 16h — local time —, il est 16h15.

Contact est établi par VHF et téléphone avec l’autre partie de l’équipe qui s’annonce à l’entrée successivement du Solent puis de Hamble River.

Nous les guettons et les guidons pour qu’ils nous rejoignent le plus vite possible, sans se fourvoyer.

Vers 18h30, nous sommes tous là et tout va bien. Après un bon accueil par le personnel et quelques membres du RSYC, notre programme est rangement, douche, dîner dans un grill puis repos.  Rendez-vous est pris au téléphone avec Jane et Georges pour le petit déjeuner du lendemain au RSYC.


Vendredi 1er août 2014

A l’heure convenue, c’est un pantagruélique petit déjeuner à l’anglaise qui nous attend dans la salle à manger du RSYC avec Jane, Georges, Hervé, Frédéric, Alexandre.

Retour aux bateaux pour récupérer les voiles sur Cassiopée et prendre en charge le J80.

Tous les bagages des garçons sont chargés sur Kat-RiX.

Après la réparation de l’enrouleur du J80, nous nous équipons pour traverser le Solent vers Cowes et Shepards Wharf Marina. Georges vient avec moi et l’équipe des jeunes se reforme sur le J80.

Après une heure et demie de route nous rejoignons le ponton extérieur sud de la marina et le J80 prendra son mouillage en rade avec les autres sports-boats.

Je passe au bureau de Aberdeen Asset Management Cowes Week près du Royal London Yacht Club pour valider l’inscription du bateau et recevoir toute la documentation. Liste des inscrits, brochure sur la sécurité, carte de la zone de course plastifiée, instructions de course, guide pour expliquer les courses et le contexte, guide relatif à la région en général et au Solent en particulier, stickers à coller sur l’avant de la coque etc. Le tout dans une mallette accompagnée d’une petite radio montée sur une oreillette pour suivre l’évènement et recevoir les instructions générales.

De retour sur Kat-RiX, j’ai la visite de mes équipiers Anglais Andrew du RSYC qui sera notre n°1 et Nick du RLYC qui recevra la VHF et nous guidera. Nous faisons plus ample connaissance.

Chaque équipage, selon son groupe, sera à l’heure au briefing, respectivement 18h30 pour le Wight Groupe (petits bateaux) avec Jane et Georges et 19h30 pour le Black Groupe (gros bateau) avec Nick, Philippe et Georges qui a eu la patience d’écouter les deux discours similaires.

Retour sur Kat RiX et dîner avec Hervé et Frédéric sur Cassiopée avec un fish and ships.



La semaine de régates

Samedi 2 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Hervé, Frédéric,

La pleine mer est à  3h41 (4,3m)  et 16h17 (4,4m).

Départ de ponton à 9h30 pour rejoindre la zone de départ CB — Committee Boat Start Line — qui se trouve près de la marque 5C Brondown.

Nous attendons la mise en place de la ligne et le lancement de la procédure. Après les J111 et les J109, nous sommes la série n°3 dans l’ordre des départs. Le notre est programmé pour 11h20.


Message Cowes Comité At 10:02

Good morning and welcome to Aberdeen Asset Management Cowes Week 2014. We wish you a week of good racing.


Message Cowes Comité At 12:05 le parcours à réaliser :

IRC4; Saturday; 8A(RS); 5A(RS); 44(RS); 5B(RP); 5C(RS); 5D(RP); 8Y(RP); 42(RS); 8X(RP); FINISH at 86.


Nick note tout sur la feuille préparée pour la journée mais, trop occupés par la phase de départ, nous n’auront jamais le temps pour tout enregistrer dans le système qui gère la cartographie. La pratique régulière fait défaut.

Le bateau marche bien mais remontant trop au vent nous ne progressons pas normalement par manque de vitesse. La prise en compte des courants dans le Solent est très importante, pour bien y naviguer il faut toujours avoir de la vitesse sur l’eau.

Nous arrivons à 14h50, devant nous le 9669 et derrière nous le 7332. Message envoyé au comité.

Après le retour au ponton, Andrew nous convie à boire la traditionnelle bière d’après régate au Cowes Corinthian Yacht Club juste à côté de Shepards Wharf Marina. L’ambiance est rafraîchissante et très agréable, nous rencontrons son épouse Fay et quelques amis avec qui nous échangeons sur la régate et l’opération Team Jeunes.

Passage sur Cassiopée pour préparer son départ, sa route vers Cherbourg et négocier la prolongation du séjour à Cowes pour le plaisir de tous. Dîner avec Hervé et Frédéric au Duke d’York, c’était bien, juste après notre changement de place car la musique était vraiment trop assourdissante. Ensuite une balade dans les zones festives, la hight street, Cowes Yacht Haven Marina, la Parade — Grand Ecran vidéo, immense scène avec des musiciens, une sono qui envoie du lourd comme disent les ados — et retour à Shepards Wharf Marina sur les bateaux.





Dimanche 3 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Georges, Nikita, Alexandre.

La pleine mer est à 4h25 (4,2m) et 17h00 (4,2m).

Départ du ponton à 9h30 (local time) pour rejoindre la zone de départ FX  (Fixed Line Bramble or RYS Start Line) qui se trouve près de la marque 3W William Shipping.

La ligne étant mise en place dans ce cas, nous attendons le lancement de la procédure.

Après les IRC1, les IRC2, les IRC3, les multihull, les First 40.7, nous sommes la série n°5 dans l’ordre des départs.

Le notre est programmé pour 11h30.


Message Cowes Comité At 12:22, parcours à réaliser :

IRC4; Sunday; 3C(RP); 3G(RP); 3A(RP); 3U(RS); 3L(RS); 8J(GT); 41(RS); 32(LP);FINISH at 80.


 Guidé par Nick, nous effectuons un parcours correct mais nous devons simplifier le gréement de spi car le double écoute-bras ne facilite pas les manœuvres. Le bras sera retiré sur chaque bord.

Nous arrivons à 15h51, devant nous le 759 et derrière nous 7700R ou 2709 Unknown. Message envoyé au comité.

Après le retour au ponton, Andrew nous offre la bière d’après régate et nous rencontrons d’autres amis. Les jeunes nous rejoignent, ils ont réalisés une belle performance.

Passage sur Cassiopée pour reconsidérer en fonction du changement de date, le départ et le plan de route pour Cherbourg.

Dîner avec toute l’équipe au Royal Corinthian Yacht Club qui a préparé un repas sympathique.  Balade dans les zones festives, la hight street, Cowes Yacht Haven Marina, la Parade et retour à Shepards Wharf Marina sur les bateaux.


En haut, le parcours IRC, en dessous la trace AIS relevée de Kat-RiX.

Lundi 4 août 2014

Ce jour, Nick est remplacé par Susan du RLYC.

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Susan, Georges, Nikita, Frédéric, Alexandre.

La pleine mer est à 5h17 (4,0m) et 17h54 (4,1m).Départ du ponton à 9h30 pour rejoindre la zone de départ CB qui se trouve près de la marque 3C Craftinsur.com.

Nous attendons la mise en place de la ligne et le lancement de la procédure. Après  les J111, les J109 et les IRC3, nous sommes

la série n°4 dans l’ordre des départs. Le notre est programmé pour 11h10.


Message Cowes Comité At 13:01 parcours à réaliser :

IRC4; Monday; 8A(RP); 3C(RP); 2K(RP); 3A(LP); 31(RS); 41(RS); 85(LP); 32(LP); FINISH at 80.


 Susan nous guide mais nous sommes un peu trop suivistes de bateaux qui ne sont pas de notre série et qui font un parcours différent du notre. Nous devons nous recentrer et laissons une quinzaine de minutes dans l’opération.

Nous arrivons à 15h30, devant nous le 5622T, derrière nous le 8121R, message envoyé au comité.

Après le retour au ponton, Andrew nous offre la bière d’après régate et nous rencontrons d’autres amis. Les jeunes nous rejoignent, ils ont des soucis avec l’enrouleur qui est à nouveau défectueux et avec le pataras. Ils peuvent certes régater mais leur performance est moins bonne.

Passage sur Cassiopée pour valider le départ et le plan de route pour Cherbourg préparé par Hervé.

Dîner avec Hervé et Frédéric à nouveau au Duke d’York. Balade dans les zones festives, la hight street, Cowes Yacht Haven Marina, la Parade et retour à Shepards Wharf Marina sur les bateaux.


En haut, le parcours IRC, en dessous la trace AIS relevée de Kat-RiX.

Mardi 5 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Georges, Nikita.

La pleine mer est à 6h20 (3,9m) et 18h57 (4,0m). Départ du ponton à 9h30 pour rejoindre la zone de départ CB qui se trouve près de la marque 8Y Aberdeen laid mark E, à côté de la marque 5C Brondown.

Nous attendons la mise en place de la ligne et le lancement de la procédure. Après les J111 et les J109, nous sommes la série n°3 dans l’ordre des départs. Le notre est programmé pour 11h20.


Message Cowes Comité At 12:05 parcours à réaliser :

IRC4; Tuesday; 8A(RP); 5C(RS); 5D(RP); 5E(RS); 6A(RS); 8X(RP);4Z(RS); FINISH at 83.


 Nick nous conduit bien sur les marques mais, sans faire de faute, nous ne sommes pas en nombre suffisant pour bien manœuvrer rapidement.

Nous arrivons à 14h35, devant nous le 236R et derrière nous le 4988R, message envoyé au comité.

Rituel habituel de fin d’après midi tel que précisé pour les jours précédents.


En haut, le parcours IRC, ci-dessous la trace AIS relevée de Kat-RiX.

Mercredi 6 août 2014

Ce jour, Andrew propose de renforcer l’équipage avec la participation de Pam, OK

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Pam, Georges, Nikita.

La pleine mer est à 7h35 (3,9m) et 20h11 (4,1m). Départ de ponton à 9h30 pour rejoindre la zone de départ FX qui se trouve entre les marques 3W William Shipping et 3V W. Bramble.

Comme dans ce cas la ligne est en place, nous attendons le lancement de la procédure. Après les J111 et les J109, nous sommes la série n°3 dans l’ordre des départs. Le notre est programmé pour 10h50.


Message Cowes Comité At 11:35 parcours à réaliser :

IRC4; Wednesday; 3C(RP); 3H(RS); 3A(LS); 2K(RS); 3A(RS); 2F(RP); 8K(GT); FINISH at 80.


Nick et Andrew nous conduisent bien sur les marques avec l’aide de Pam qui facilite aussi la manœuvre nous restons bien au contact de la flotte des notre série. C’est encourageant.

Nous arrivons à 14h22, devant nous le n°1383R et derrière nous ? UNKNOWN, j’envoie le message au comité.

Rituel habituel de fin d’après midi tel que précisé pour les jours précédents.


Ci-dessous, le parcours IRC.

Jeudi 7 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Georges, Nikita.

La pleine mer est à 8h59 (4,0m) et 21h26 (4,3m).

Départ du ponton à 9h30 pour rejoindre la zone de départ FX qui se trouve entre les marques 3W William Shipping et 3V W. Bramble.


Comme dans ce cas la ligne est en place, nous attendons le lancement de la procédure. Notre départ est programmé pour 10h50.

Nous attendrons 3h et demi un départ qui, comme le vent, ne viendra pas. Nous rentrons directement comme le montre la trace AIS.

Pas de message sauf à 14h00 par VHF, No race today, la régate ne sera pas courue aujourd’hui et nous retournons au ponton.

Après la traditionnelle bière d’après régate au Cowes Corinthian Yacht Club, nous sommes accueillis par le Président du Club. Notre Président reçoit le guidon du CCYC pour la collection du Deauville Yacht Club.

M’apercevant que le CCYC ne disposait pas de notre guidon, je me précipite sur Kat-RiX pour décrocher celui du DYC et, Georges, le remet à son tour, avec le même cérémonial.

En fin d’après midi, suite à une invitation personnelle du Commodore du Royal Southern Yacht Club (que j’ai chaleureusement remercié), j’ai rendez-vous avec Jane, Georges et notre Team Jeunes pour participer à une typique Party Anglaise. Je respecte le dressing code, chemise blanche, cravate club, blazer, pantalon clair. Nous rencontrons un important nombre de couples anglais qui viennent souvent en France en bateau et aussi à Deauville. Notre Team Jeunes est salué par tous et chacun souhaite qu’ils reviennent l’an prochain.

Le soir, je dîne à bord, une balade dans Cowes puis engage une bonne nuit de repos.


Ci-dessous, la trace de Kat-RiX autour du bateau comité.

Vendredi 8 août 2014

Nick propose la participation de Susan, OK.

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Andrew, Nick, Susan, Georges, Nikita.

La pleine mer est à 10h06 (4,3m) et 22h23 (4,5m).

En IRC4 notre départ est programmé pour 10h50 en FX située sur la Bramble line.

La prévision d’une nouvelle journée sans vent se réalise. A 9h20 nous recevons un message Postponent in force retard d’une heure minimum, départ possible à 11h50.

A 12h00 nous sommes informés à temps par l’organisation qu’il n’est pas nécessaire de venir sur le plan d’eau.


Message Cowes Comité At 12:15

All racing abandoned today due to variable wind conditions. Weather forecast looks better for tomorrow.


Message Cowes Comité At 14:05

After 2 difficult days Saturday should be a perfect sailing day. Whatever your plans were, we hope to see you on the start line tomorrow. Stuart Quarrie.


Ce sera une journée de repos qui, à la fin, sera copieusement pluvieuse.

Andrew nous propose de se retrouver tous à 12h30 pour promenade en bateau à moteur jusqu’aux Needles.

Voilà un bon plan de rechange qui ravira tout le monde et nous donnera l’occasion d’admirer ces pointes de calcaire qui marque la sortie ouest du Solent. Merci Andrew.

Le soir, rendez-vous chez Jane et Georges pour voir l’exhibition aéronautique prévue, des Typhons et les Reds Arrows. Waaououh !!!

Du grand spectacle véritablement, malgré le plafond nuageux très bas et gris.

Nous rendons visite aux Dragon dans une agréable maison en bordure de la Parade à côté du RYS, pour un petit bonjour et boire un verre comme promis.

Nous faisons des courses pour organiser un dîner sympa pour notre petite équipe puis retournons à la maison pour assister au feu d’artifice inscrit sur le programme. La qualité du spectacle pyrotechnique est à la hauteur de celle de l’organisation des régates.

 Avec Georges, nous nous surpassons tous les deux en cuisine et tout le monde se régale avant de prendre congé pour bonne une nuit.

Samedi 9 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Nikita.

La pleine mer est à 10h57 (4,6m) et 23h11 (4,7m).


Message Cowes Comité At 09:42

Black Group Start today will be at the RYS


Message Cowes Comité At 11:35 parcours à réaliser :

IRC4; Saturday; 2J(RS); 2R(RS); 2X(RP); 3A(RS); 3D(RP); 3N(RS); 3H(RP); 8K(GT); FINISH at 80.


 C’est le jour de la régate de rattrapage. Kat-RiX est DNC faute d’équipage alors, nous répondons favorablement à la proposition d’Andrew d’accompagner sur l’eau avec son bateau à moteur le J80 et de faire des photos.

Nous avons bien fait de nous reposer car cette régate ne sera malheureusement pas prise en compte par l’organisation pour le résultat final.

Dommage pour notre Team Jeunes car cela aurait permis de retirer la plus mauvaise manche et d’améliorer leur classement.

Nous faisons une belle sortie en bateau à moteur et nous nous régalons une dernière fois du spectacle de toutes ces voiles multicolores.

Après la traditionnelle bière d’après régate au Cowes Corinthian Yacht Club, je retourne sur Kat-RiX pour ranger les affaires, remettre 20litres de gasoil dans le réservoir et préparer le retour. Je passe à la capitainerie pour informer de notre départ prochain, régulariser notre situation et prendre la météo locale et les codes pour accéder aux sites web en Wi-Fi.

Le soir, rendez-vous chez Jane et Georges pour un apéritif avec les amis du RLYC et nous allons tous dîner dans un pub, le Pier View.

Le trajet

Cowes - Hamble - Deauville


Dimanche 10 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Nikita, Jeanne, Margot, Ophélie, Ali, Maxime.

Après un petit déjeuner je vais, à la suite de Nikita qui a pris un chariot, à la rencontre des jeunes qui doivent apporter leurs bagages.

Jonction est enfin faite au milieu de la côte, car en fait, j’étais monté trop haut et j’ai couru pour les rattraper.

J’ai apprécié le pilotage du chariot de Shepards Wharf Marina chargé à ras-bord par Maxime et Nikita pour passer les trottoirs et les joints des pontons. Du grand art !

 Tout le chargement passe des épaules et du chariot dans le bateau en veillant à la répartition bâbord-tribord et aussi en prêtant attention à laisser sur le dessus les volumes qui contiennent des affaires à utiliser pendant la traversée.

Pendant les derniers préparatifs, Maxime restitue le chariot et les parapluies empruntés la veille au soir pour rentrer à la maison.

Ne trouvant pas de bateau taxi pour rejoindre le J80 c’est avec Kat-RiX que nous le rejoindrons. Swallow sera abordé en marche arrière — suggestion opportune de Nikita — et pris d’assaut une dernière fois par le "club des cinq". Très belle manœuvre.

 Sous génois seul et accompagné au moteur par Kat-RiX le J80 retourne au RSYC après une heure et demie de navigation.

Les voiles sont apportées à bord de Kat-RiX qui est déserté, les douches et les chambres sont occupées, le J80 est restitué par Maxime au RSYC  et nous nous retrouvons tous pour un petit dîner au Boomerang seul restaurant — français — qui servait des repas ce soir là.

22h retour au RSYC pour se reposer. Rendez-vous demain matin à 8h.

Lundi 11 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Nikita, Jeanne, Margot, Ophélie, Ali, Maxime.

Notre réveil était réglé pour un petit déjeuner anglais à 8h. Seul Nikita demande le full English Breakfast, les autres membres de l’équipage optant pour un repas plus proche des habitudes françaises.

Notre charmante hôtesse — une gentille Grand-Mère certainement — se prête volontiers et avec amusement aux demandes de renouvellement des toasts et des tasses de chocolat chaud pour nos demoiselles qui reçoivent en retour un thermos d’un litre et demi de cette boisson spécialement faite pour elles par un cuisinier qui rigolait derrière sa porte de les voir se régaler.

Nous remercions nos hôtes et préparons notre appareillage après une ultime lecture des sites  web donnant des prévisions météorologiques assez inquiétantes.

Le génois est remplacé par le solent, les 2 ris sont pris sur la grand-voile. Les voiles du J80 sont calées à l’abri dans le fond du bateau.

Départ à 11h40 heure française. La grand-voile est hissée face au vent dans le premier coude de Hamble River qui s’y prête bien et le solent un peu plus tard, lors du passage de la balise cardinale sud de Hamble Point.

Le vent est SW 18 nœuds rafales de 20 à 25 nœuds, nous sommes déjà, contre le courant, entre 7 et 8 nœuds sur le fond avec le petit clapot sec propre au Solent dans ces conditions.

Cela augure d’une traversée musclée mais de jour et sans pluie pour la majeure partie du trajet.

Après le passage entre les forts, cap au sud pour longer le plus possible la côte et s’abriter de la houle mais, à la hauteur de la pointe Sainte-Catherine ce sont bien les 35 nœuds de vent annoncés qui arrivent et plus en rafale. La route prévue au 153 est alors prise.

Tout l’équipage est dans le cockpit, gilets et harnais ajustés, sangles pour les plus exposés. Maxime à la barre, Ali au réglage de la grand-voile et Nikita pour surveiller le réglage du solent et l’adapter si besoin.

Philippe surveille la route pour croiser au mieux les navires et cargos rencontrés. Le bateau se comporte à merveille. Il passe bien dans la mer et demande une attention de tous les instants.   son gilet — celui de Georges —, est libéré du carcan par Maxime et ne souhaite pas changer de poste. Il sera le régleur de la grand-voile jusqu’au bout et avec application.

A l’entrée dans la nuit, Ophélie frigorifiée va se coucher dans son duvet, Jeanne et Margot se blottissent l’une contre l’autre, Nikita et Maxime se relayent à la barre. La trajectoire est bonne et la vitesse moyenne sur le fond aussi pour envisager d’arriver à l’heure souhaitée.

Mardi 12 août 2014

Les membres de l’équipage sont : Philippe, Nikita, Jeanne, Margot, Ophélie, Ali, Maxime.

A zéro heure, les lueurs de la côte normande se font plus précises autour des agglomérations du Havre et de Deauville.

Au cap 153, notre but n’est pas encore perceptible avec précision mais, compte tenu de notre vitesse fond, nous ne choisirons pas la solution prévue d’aller au Havre car, nous avons la certitude de passer les portes de Deauville avant la fermeture inscrite sur l’annuaire à 3h26.

Les vagues prennent de la hauteur avec la remontée des fonds mais elles ne déferlent pas car le courant porte au NNE et le vent soufflant de terre, sont sensiblement dans le même sens.

Maxime négocie adroitement l’arrivée sur Deauville et l’entrée délicate dans le chenal.

A 2h10 Kat-RiX retrouve sa place au ponton du bassin des yachts du port de Deauville.

Tout l’équipage est heureux et je pense que chacun attendait ce moment avec impatience. Les parents des enfants et Éric Le Bon nous attendaient et viennent à notre rencontre.

Kat-RiX, rapidement allégé des bagages, des voiles du J80 et de l’équipage, retrouve sa ligne de flottaison normale.

Une bise de tous à tous et promesses de se revoir pour une nouvelle aventure car... finalement c’était bien…

A 8h30, Nikita, contant de sa participation à cette semaine de Cowes, retrouve sa maman pour rentrer dans sa « campagne ».

J’ai le plaisir de recevoir la visite de ma fille qui se rend au travail et je retourne me reposer avant l’arrivée de mon épouse.

 Ce n’était pas un objectif mais nous avons fait la liaison Royal Southern Yacht Club – Deauville Yacht Club en 14h30 soit 115 NM à la vitesse moyenne de 8 nœuds.

Là encore, comme il y a deux ans avec mon A35 Bip-Bip-7 pour le 50e édition de Cowes-Deauville, sans l’aide du moteur.

En tout et pour tout ennui, seule la ralingue de grand-voile est déchirée au niveau des deux coulisseaux qui sont au dessus du deuxième ris.

Bravo, merci à tout l’équipage et à tous ceux qui ont facilité ce superbe moment de vie.

Philippe Naudet

La SNSM s’associe au Deauville Yacht Club
pour sensibiliser les plaisanciers à la sécurité en mer

Samedi 17 février, 7 bateaux du Deauville Yacht Club se sont prêtés à un exercice de récupération d’homme à la mer sous les directives de l’équipage de la vedette SNSM « La Touque-Trouville ».

Après un briefing des volontaires dans les locaux du club par  Xavier Lamy, skipper de la vedette SNSM, les 7 équipages se sont rendus sur la zone d’entraînement délimitée autour de la bouée d’atterrissage Sud-Ouest de Deauville. Il s’agissait de simuler la chute d’un homme à la mer et d'acquérir les réflexes qui peuvent faire toute la différence. Lancer la bouée de sauvetage immédiatement puis lancer un message de détresse sous la forme d’un MAYDAY avec la position du navire. Ne jamais perdre de vue la victime et revenir sur zone puis manœuvrer de façon à lui permettre de remonter à bord par l’échelle arrière. Heureusement, c’était un mannequin qui était dans l’eau…

Vers midi, tout le monde s’est retrouvé dans les salons du Deauville Yacht Club pour « débriefer ».  Xavier Lamy a félicité les équipages avec le président de la SNSM, Patrice Brière. Ils ont prodigué des conseils pour gérer la remontée à bord d’un homme à la mer et les premiers soins à lui donner. Il faut savoir que la rapidité d’intervention est essentielle et le port du gilet de sauvetage fondamental. En effet dans de l’eau à 10 degrés, sans brassière, dans la position du « noyé flottant », le temps de survie est inférieur à 1h30. En pratiquant la « marche dans l'eau », la personne peut survivre jusqu’à 2 heures. Mais avec un gilet de sauvetage, en restant simplement debout immobile, ce temps peut être augmenté d'au moins un tiers.

Cette première édition fut un vrais succès et les bénévoles de la SNSM La Touque-Trouville reviendront pour compléter la formation des plaisanciers. La prochaine fois, il faudra se mettre dans la situation de naufragés devant remonter dans un radeau de survie gonflable qui s’est gonflé à l’envers, ce qui malheureusement arrive parfois lorsque la mer est formée.

La matinée s’est tout de même achevée sur une note festive avec une collation servie à l’ensemble des participants et des bénévoles de la SNSM.

Véronique Legrand

communication du Deauville Yacht Club

communication@deauvilleyachtclub.fr

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